Submitted: janlemoux 10 Oct 2026
Fuites de données personnelles, piratages, tentatives de fraude… Stop ou encore ? Alors que les cybermenaces se multiplient, les Français expriment une inquiétude croissante face à la cybersécurité et aux risques associés au numérique. Deux études récentes mettent en lumière cette préoccupation, mais aussi les attentes des consommateurs en matière de sécurité, de confiance et de liberté de choix de leurs supports de communication.
Selon le baromètre 2026 réalisé par Ipsos pour Cybermalveillance.gouv.fr, 45 % des Français ont été informés d’une fuite de leurs données personnelles au cours des douze derniers mois, contre 30 % en 2025. Par ailleurs, 53 % déclarent avoir été confrontés à une tentative d’hameçonnage (mail ou SMS frauduleux), tandis que 15 % ont eu affaire à un faux conseiller bancaire.
Si la connaissance des cybermenaces progresse, elle ne s’accompagne pas nécessairement d’un sentiment de sécurité accru. Seuls 55 % des Français estiment être suffisamment informés sur les risques liés à Internet, contre 63 % en 2024. Un décalage révélateur entre la prise de conscience des dangers et la capacité des utilisateurs à s’en protéger.
Les conséquences ne sont d’ailleurs pas uniquement financières ou matérielles : 19 % des répondants déclarent avoir subi un impact émotionnel ou une charge mentale accrue à la suite d’un acte de cybermalveillance. Cette proportion atteint 26 % chez les 18-34 ans, particulièrement exposés aux conséquences de ces pratiques.
Ces résultats font écho à l’étude européenne Trend Tracker 2025, publiée par Two Sides, consacrée aux perceptions et aux préférences des consommateurs en matière de communication.
Cette enquête révèle que 57 % des Européens et 67% des français sont de plus en plus inquiets à l’idée que leurs informations électroniques soient détournées, volées ou perdues.
Au-delà des enjeux de cybersécurité, elle souligne une forme de fatigue numérique. Ainsi, 50 % des Européens estiment passer trop de temps sur leurs appareils électroniques, tandis que 48 % s’inquiètent des effets néfastes d’une utilisation excessive de ces équipements sur leur santé.
Cette saturation numérique s’accompagne d’un attachement persistant aux supports imprimés : 45 % des personnes interrogées déclarent mieux comprendre un sujet lorsqu’elles lisent des informations sur papier plutôt qu’en ligne, et 58 % considèrent que les enfants apprennent davantage à partir de supports imprimés.
Ces enseignements interrogent la place croissante accordée à la dématérialisation des échanges, notamment pour les informations administratives, financières ou médicales.
Sans se substituer aux outils numériques ni aux dispositifs de cybersécurité, le papier présente des avantages spécifiques en matière d’accessibilité, de conservation et de consultation des documents importants. Il permet notamment de disposer d’informations sans dépendre d’une connexion Internet, d’un équipement électronique ou de l’accès à un compte en ligne.
L’étude Two Sides souligne ainsi que 76 % des Européens souhaitent pouvoir choisir entre une facture papier ou numérique, tandis que 65 % estiment que le choix du papier ne devrait pas entraîner de surcoût.
Ces résultats nous invitent collectivement à repenser la place du papier dans les communications du quotidien, et à préserver sa complémentarité avec le numérique afin de garantir à chacun le libre choix de ses supports d’information.