La production de papier nécessite de l’eau, mais l’industrie papetière en consomme relativement peu
La production de papier nécessite de l’eau à différents titres. Tout d’abord, l’eau est nécessaire à la croissance des arbres, dont le bois est la matière première originelle du papier. Ensuite, de l’eau est nécessaire pour fabriquer la pâte à papier. Enfin, l’eau est utilisée sous forme de vapeur pour produire la feuille de papier. Mais à une époque où la pénurie d’eau attire l’attention médiatique, l’industrie du papier en consomme en réalité très peu.
L’eau étant indispensable pour produire du papier, la plupart des usines de pâte et de papier en Europe utilisent de l’eau provenant de lacs et rivières (87 % des prélèvements), de sources souterraine (12 %) ou d’approvisionnement municipal (1 %). Depuis les années 1990, le prélèvement moyen d’eau par tonne de papier a diminué de 42 %.[1]
Il faut cependant différencier le prélèvement et la consommation. En effet, la plus grande partie de l’eau prélevée est restituée à l’environnement. En 2021, environ 90% de l’eau utilisée dans l’industrie papetière européenne est ainsi restituée à l’environnement après avoir été traitée. En pratique, la quantité d’eau effectivement consommée est faible. Elle est soit due à l’évaporation lors de la production du papier, soit à l’eau présente dans le papier, soit à l’eau restée associée aux résidus de production.[1]
Le procédé de production est optimisé de manière à ce que l’eau utilisée pour la production de papier soit réutilisée plusieurs fois avant d’être traitée et restituée à l’environnement. Une démarche vertueuse, alors que les pénuries d’eau posent régulièrement question dans l’actualité
L’amélioration des techniques de fabrication du papier et du traitement de l’eau a eu un effet spectaculaire sur la qualité des effluents de l’usine : depuis 1991, on a constaté une réduction de 95 % des niveaux d’AOX (une mesure de la toxicité due aux composés chlorés) et une réduction de 79 % de la DCO (demande chimique en oxygène – la quantité d’oxygène consommée par la décomposition de la matière organique).[1]
L’eau de pluie est essentielle à la croissance des forêts et des plantations d’arbres. La sécurité de l’approvisionnement en eau dépend des forêts. Les forêts contribuent à réguler le cycle de l’eau, à maintenir l’approvisionnement en eau et à préserver la qualité de l’eau. Les bassins versants forestiers fournissent environ 75 % de l’eau douce accessible et approvisionnent en eau 85 % des plus grandes villes du monde.
Sources