La communication numérique a des impacts de plus en plus importants sur l’environnement
« Pensez à l’environnement, choisissez la facture dématérialisée !», « Sauvez les arbres, préférez le ticket de caisse électronique !». Ces messages sont couramment utilisés par des entreprises ou des administrations pour inciter leurs clients ou usagers à passer au tout numérique.
Ces messages sont trompeurs car ils ne permettent pas de comparer réellement la pollution numérique et l’impact environnemental de l’imprimé. En vérité, il est particulièrement difficile d’affirmer que le numérique est plus écologique sans tenir compte du cycle de vie complet de ces différents supports.
Le papier est produit à partir d’une ressource naturelle et renouvelable. Il est recyclable et très largement recyclé. Il utilise majoritairement de l’énergie renouvelable pour sa production. A l’inverse, la communication numérique n’a rien de « dématérialisé » car elle nécessite beaucoup de ressources naturelles, que ce soit pour produire les équipements nécessaires à la communication numérique, ou pour les faire fonctionner. Ces équipements sont par ailleurs aujourd’hui très mal recyclés.
La production d’un smartphone de 120 grammes nécessite en moyenne 70kg de matières premières et plus de 70 matériaux différents, dont des métaux rares.
Ministère de la Transition écologique – Cas pratique, l’empreinte matières d’un smartphone – Mai 2025
Sans action pour limiter la croissance de l’impact environnemental du numérique, l’empreinte carbone du numérique pourrait tripler entre 2020 et 2050.
Empreinte environnementale du numérique : 2020, 2030 et 2050 – Etude Ademe-Arcep – 2021
Le problème des déchets électroniques est également colossal et ne cesse de croître. La production de déchets s’est élevée en 2022 à 62 millions de tonnes dans le monde. Elle a augmenté de 82 % depuis 2010, et pourrait augmenter encore de 32 % d’ici 2030. C’est d’autant plus préoccupant que les quantités de déchets électroniques produites augmentent cinq fois plus vite que les quantités recyclées connues.[1]
Les consommateurs doivent donc être informés des impacts environnementaux du secteur de la communication, que celle-ci soit électronique ou papier, pour faire leur choix sur des bases robustes et transparentes.
Les résultats d’une véritable comparaison peuvent en effet surprendre : une étude environnementale réalisée en 2019 a comparé différents supports publicitaires. Elle démontre que des campagnes d’imprimés publicitaires sont plus vertueuses d’un point de vue environnemental que des campagnes digitales équivalentes, pour 15 indicateurs sur 16.
Pour une facture d’électricité, une facture papier envoyée par courrier adressé présente également un bilan plus favorable qu’une facture électronique accessible en ligne sur un site web avec notification par mail pour 9 indicateurs environnementaux sur 16 (notamment le changement climatique, l’utilisation de ressources fossiles et l’acidification).
Depuis 2010, la campagne anti-greenwashing menée par Two Sides en France et dans le monde a permis que les allégations environnementales infondées de plus de 1000 organisations, entreprises ou administrations, concernant l’usage du papier soient modifiées ou retirées (dont un grand nombre parmi les plus grandes entreprises mondiales). Quatre cas précis de greenwashing concernant la communication numérique ont d’ailleurs été épinglés en France par le Jury de déontologie publicitaire en 2022, 2023 et 2025.[2]