Submitted: janlemoux 22 Jan 2026
En 2025, des millions de citoyens ont reçu un nouveau genre de courrier. Pas dans leur boîte aux lettres : dans leur boîte mail. L’auteur de ces lignes n’a pas été épargné. Objet récurrent : « Information importante concernant la sécurité de vos données ». SFR, Bouygues Telecom, Air France, Auchan, Leroy Merlin, Décathlon, Boulanger… La liste est devenue si longue que j’ai fini par me demander si mes données personnelles n’avaient pas pris un abonnement premium au dark web. Il y a pourtant une solution…
Et ces entreprises ne sont pas les seules. En 2025, des administrations entières ont aussi vu leurs bases aspirées : ministères, mairies, agences régionales de santé, universités, France Travail… Même des applications médicales ou des fédérations sportives s’y sont mises, parfois avec des conséquences très concrètes, comme l’exposition d’adresses de détenteurs d’armes. La Cnil le confirme : les violations de données explosent. Les hackers aussi.
Ce qui frappe, c’est le contraste entre la sophistication apparente du discours et la banalité des failles. Des mots de passe recyclés, des logiciels obsolètes, un clic malheureux sur un faux message de livraison. Et derrière, des bases entières qui se retrouvent à vendre, comme des lots de vis ou des perceuses, sur des forums clandestins. Résultat : des SMS de phishing qui vous appellent par votre nom, connaissent votre adresse et feignent de s’inquiéter pour votre carte Vitale.
Dans ce paysage numérique un peu anxiogène subsiste une technologie étonnamment robuste : le papier. Oui, le bon vieux courrier de gestion. Celui qui arrive dans une enveloppe, dans une boîte aux lettres, sans mot de passe, sans serveur intermédiaire, sans risque de fuite massive. Un relevé papier ne se revend pas par milliers. Il ne s’agrège pas dans une base de 600 millions de lignes. Il se lit, puis se classe — ou se recycle. Il n’y a pas plus sécurisé qu’une enveloppe, qui ne vous demande pourtant aucun mot de passe doublé d’un code secret et de plusieurs notifications d’alerte. Ce qui rend la lutte contre le greenwashing aux dépens du papier d’autant plus nécessaire.
La nouvelle année est l’occasion des bonnes résolutions. Pour protéger ses données personnelles, en 2026, privilégions le courrier papier, et arrêtons les relevés électroniques. Il ne s’agit pas de nostalgie, mais de pragmatisme. Parce qu’un courrier papier est aujourd’hui l’un des rares supports vraiment sécurisés. Et qu’à force de voir mes données voyager sans moi, j’aimerais au moins que mes informations de gestion restent, elles, bien à leur place. Dans une enveloppe. Chez moi.