Submitted: janlemoux 26 Oct 2026
Pendant des années, on nous a expliqué qu’il fallait abandonner le papier pour sauver les arbres. Factures électroniques, relevés dématérialisés, communications numériques : la forêt allait enfin pouvoir respirer grâce à nos écrans.
Visiblement, le message n’est pas arrivé jusqu’en Finlande.
Selon une enquête publiée par The Guardian, Google y aurait fait abattre quelque 400 000 arbres pour préparer la construction de deux centres de données. À Muhos, 330 hectares de forêt ont été transformés en terrain vague. Petit détail : les opérations ont été engagées sans attendre l’achèvement des évaluations environnementales obligatoires, conduisant les autorités finlandaises à suspendre les travaux.
Il faut dire que les géants du numérique ont un nouveau besoin : trouver des espaces suffisamment vastes et froids pour installer leurs centres de données, dont le développement s’accélère avec l’intelligence artificielle. La Scandinavie offre justement un climat idéal pour limiter les dépenses de refroidissement. Seul inconvénient : ces régions sont souvent couvertes de forêts. Une contrariété à laquelle les bulldozers apportent une réponse efficace.
Google a présenté ses excuses et promis de replanter des arbres. Reste ce paradoxe assez savoureux : pour nous permettre de consommer toujours plus de données, le numérique en vient à détruire les forêts qu’il prétendait préserver en remplaçant le papier.
Mais rassurons-nous : nos messageries continueront certainement à nous recommander de ne pas imprimer nos courriels pour sauver les arbres. Certaines idées reçues ont décidément la vie plus dure que les forêts.