Submitted: janlemoux 9 Avr 2026
L’économie circulaire est souvent présentée comme un concept environnemental, avec raison : son objectif est bien de réduire l’utilisation de ressources naturelles, au moyen d’actions de prévention, de sobriété et de recyclage. Mais son intitulé est explicite : elle ne s’imposera pas si elle n’est pas économiquement viable.
La filière du papier carton en est ici encore un exemple remarquable. L’industrie papetière utilise des sous-produits de la filière bois ou des vieux papiers et carton, ainsi qu’une proportion très importante de chaleur issue d’énergies renouvelables. Mais sur le sujet particulier du recyclage, l’utilisation de vieux cartons est aussi intrinsèquement liée au modèle économique de l’industrie.
COPACEL publie depuis plusieurs année un chiffre particulièrement intéressant : le montant des achats de vieux papiers et cartons par les entreprises papetière. Ce chiffre nous dit plusieurs choses. Sa simple existence montre que les vieux papiers et cartons, issus de la collecte et du tri des déchets ménagers et industriels ont une valeur, comme pour toute matière approvisionnant un site industriel. Son montant ensuite, illustre que cette économie circulaire est une réalité d’ampleur, et non une niche conceptuelle : la « facture » pour l’industrie a représenté un montant variant de 500 à 800 M€ selon les années, entre 2021 et 2026. Soit au global plus de 3 milliards d’euros versés aux acteurs économiques en amont de la chaîne de valeur, dont les collectivités locales.
La performance écologique de l’industrie papetière, avec un taux de recyclage proche de 90% depuis plusieurs années, est donc bien liées à une autre réalité tout aussi essentielle : celle d’un véritable écosystème économique structuré et dynamique. Ces montants traduisent l’existence d’un marché solide, où la matière recyclée est une ressource stratégique et valorisée.

Loin d’être un simple prolongement de la gestion des déchets, l’économie circulaire du papier-carton repose ainsi sur une logique industrielle complète. Collecte, tri, préparation, transformation : chaque étape génère de la valeur, mobilise des investissements et soutient l’emploi sur l’ensemble du territoire. Les vieux papiers et cartons deviennent une matière première secondaire, contribuant à la compétitivité des papeteries et au maintien d’un tissu industriel dans les territoires.
Cette réalité économique est d’autant plus importante dans un contexte de tension sur les ressources et de volatilité des marchés des matières premières. En sécurisant leurs approvisionnements grâce au recyclage, les industriels renforcent leur résilience. Ainsi, la filière papier-carton démontre que l’économie circulaire ne se limite pas à une ambition environnementale vertueuse. Elle constitue aussi un levier économique concret, créateur de valeur et de stabilité. Le recyclage n’est pas seulement un geste pour la planète : c’est un pilier industriel à part entière.