Submitted: janlemoux 25 Oct 2022
Les cryptoactifs font de plus en plus parler d’eux. Outre les monnaies alternatives, dont le bitcoin est la plus connue, le buzz médiatique a vu émerger une quantité étonnante d’articles sur les NFT, qui garantiraient la propriété d’une œuvre numérique. Buzz qui a peut-être à voir avec la spéculation sur le sujet qui a depuis explosé, et la tentative de grandes maisons d’enchères de se positionner sur ce marché potentiellement lucratif. Pourtant, la charge environnementale du bitcoin et de ces actifs interroge.
Dans ce déluge d’articles ébahis par la modernité et l’innovation que représenteraient ces cryptoactifs, plusieurs détonnent et ont attiré notre attention.
Sur le fond d’abord : L’Usine Digitale évoque les conclusions convergentes de deux rapports, américain et français, et nous dit que « acheter un NFT, c’est acheter du vent ». Dans le droit américain, le NFT serait au mieux une licence, donc révocable, mais en aucun cas un titre de propriété pleine et entière. En France, le Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique a également essayé d’éclairer la nouveauté de ces « jetons » et propose de considérer un NFT « comme un titre de propriété sur le jeton inscrit dans la blockchain, auquel peuvent être associés d’autres droits sur le fichier numérique vers lequel il pointe, dont l’objet, la nature, et l’étendue varient en fonction de la volonté de son émetteur. » En d’autres termes, l’acheteur d’un NFT est donc le propriétaire… d’un NFT.
Pour arriver à ce brillant résultat, ces cryptoactifs engagent des ressources naturelles considérables. Et d’un point de vue sociétal, ce n’est pas plus brillant.
Ainsi France Info évoque un article publié dans la revue Scientific Reports du groupe Nature, jeudi 29 septembre. En réalisant un chiffrage du coût social du carbone, l’article établit que les bitcoins auraient un coût social comparable à celui de la production de viande bovine, bien connue pour ses impacts néfastes sur le climat. Il nous rappelle également que « La production de bitcoins est de plus en plus néfaste pour le climat au fil du temps (en moyenne) » L’étude relève que « les émissions énergétiques liées à l’extraction de bitcoins ont été multipliées par 126, passant de 0,9 tonne d’émissions par pièce en 2016 à 113 tonnes par pièce en 2021 ». A tel point que « cette production est parfois ‘submergée’, ce qui signifie que ses dommages climatiques dépassent la valeur d’un bitcoin créé ». Le bitcoin est donc un fardeau environnemental.
L’ADN enfin interroge Nicolas Dufrêne, Directeur de l’Institut Rousseau. Dont la conclusion est limpide : « on a un certain nombre d’arguments qui conduisent à penser que Bitcoin ne fait pas la preuve de son utilité sociale : à ce jour, Bitcoin ne finance rien d’économiquement et socialement utile. »
N’en jetez plus.