Submitted: janlemoux 13 Oct 2025
Le projet d’euro numérique, porté par la Banque centrale européenne (BCE), avance à pas comptés, mais sans réelle adhésion ni du secteur bancaire, ni du grand public. Sur ce sujet, l’environnement semble être le moindre souci du régulateur bancaire. L’écologie, parent pauvre de la politique monétaire européenne?
Présenté comme la « version numérique du cash », l’euro numérique permettrait à chacun de détenir un compte directement auprès de la BCE et de payer avec son téléphone « comme avec des billets ». Une innovation censée renforcer la souveraineté monétaire européenne face aux géants du numérique américains. Mais derrière la promesse, une question simple reste sans réponse : à quoi cela sert-il vraiment ?
Pour le consommateur, déjà habitué aux paiements sans contact et aux portefeuilles électroniques, l’euro numérique ne semble apporter ni confort, ni gain de sécurité. « C’est une solution qui cherche son problème », tranche Daniel Baal, président du Crédit mutuel Alliance fédérale. Du côté des banques, la méfiance est plus économique. Cette nouvelle monnaie centrale pourrait siphonner une partie des dépôts, réduire leur capacité de prêt et les priver d’une partie de leur modèle économique.
Mais le débat se garde bien d’aborder un autre enjeu, pourtant essentiel : le coût environnemental. Car à la différence d’un billet, dont l’impact décroît à chaque transaction, au fur et à mesure qu’il est réemployé, un euro numérique nécessite une infrastructure fonctionnant de manière permanente, mobilisant serveurs, énergie et données, 24 heures sur 24. Une forme de monnaie “toujours allumée”, dans un monde déjà saturé de systèmes numériques énergivores.
Pourtant le sujet à son importance, quand il s’agit de comparer deux moyens de paiement du quotidien et permettant de conserver l’anonymat.
Or, nulle étude d’impact environnemental n’a encore été publiée par la BCE. La réflexion se concentre sur la souveraineté et la sécurité, pas sur la sobriété. Nulle trace de considérations écologiques dans les pages de la BCE consacrées à ce sujet. À l’heure où l’Union européenne prône une économie plus durable, l’euro numérique risque d’incarner l’exact contraire : une innovation sans nécessité, énergivore par nature, et surtout déconnectée des attentes réelles des citoyens.