Submitted: janlemoux 20 Mar 2024
Les Nations Unies ont publié ce jour leur rapport sur l’état des déchets électroniques dans le monde. Le constat est sans surprise et sans appel : la production de déchets s’est élevée en 2022 à 62 millions de tonnes dans le monde, en hausse de 82% depuis 2010, et pourrait augmenter encore de 32% d’ici 2030.
Outre cette hausse des quantités de déchets, on assiste également à un découplage avec les quantités recyclées. Ainsi, les quantités produites de déchets électroniques augmentent cinq fois plus vite que les quantités recyclées connues. A ce sujet, le rapport constate que la plupart des tonnages collectés font l’objet d’un traitement non conforme, conduisant à ce que 58 000 kg de mercure et 45 millions de kg de retardateurs de flammes bromés, plastiques traités dont la composition a un impact sur l’environnement et la santé humaine.
La France se place parmi les premiers producteurs de déchets, que ce soit tonnage absolu, ou par personne : chaque français produit par an 22,4 kg de déchets électroniques.
Dans ce total, les smartphones et écrans représentent environ 11 millions de tonnes de déchets, dont moins de 25% sont recyclés. Ainsi, des multiples matériaux et métaux rares nécessaires à la production de ces équipements, une très faible part est récupérée.
On rappellera, en regard, que le papier est produit à partir d’une matière biosourcée d’origine renouvelable, avec un usage majoritaire d’énergie renouvelable, et un taux de recyclage qui s’élève, en France, à 70% pour le papier graphique – chiffre établi par l’ADEME.
Comme l’indique l’un des auteurs du rapport, « Le recyclage des déchets électroniques ne couvre pas plus de 1 % de la demande en terres rares. En un mot : le statu quo ne peut plus durer. Ce nouveau rapport constitue un appel immédiat à investir davantage dans le développement des infrastructures, à promouvoir davantage la réparation et la réutilisation, à renforcer les capacités et à prendre des mesures pour mettre un terme aux expéditions illégales de déchets électroniques. » Nous ne pouvons que le rejoindre sur la nécessaire fin d’un statu-quo. Nous nous permettrons simplement d’être un peu plus disruptif : et si on arrêtait l’expansion incontrôlée du numérique ?
Ce rapport, qui rappelle s’il est nécessaire la réalité des impacts environnementaux du numérique, est disponible ici.